Ma Ratier L7
Ma Ratier L7
L'histoire de ce flat twin 750 latéral remonte à la fin de la seconde guerre mondiale.
Au commencement il y eu le CMR (Centre de montage et de Réparation) qui fut créé en 1944 pour monter des motos destinées à l'administration avec les pièces de BMW (R12 et R73 réalisées avec des pièces de R71 et R75) laissées par l'occupant.
Puis fin 1945, c'est le CEMEC (Centre d'étude des Moteurs à Explosion et à Combustion) qui prend la suite du CMR. Les stocks BMW s'épuisant, le CEMEC réalise ses propres moules et conçoit la L7, une 750 cm3 à soupapes latérales, qui sera construite sous la marque CEMEC de 1948 à 1954 à 1500 exemplaires. Bien que cette machine soit de conception française, elle s'inspire profondément des BMW R12 er R71.
BMW R12:
BMW R71:
En 1954, Ratier qui fabriquait des hélices d'avion depuis la première guerre mondiale, rachète le CEMEC. Raier continuera la fabrication des L7 jusqu'en 1958, date à laquelle la marque fera faillite et sera rachetée par Thomson CSF. Un millier de L7 seront fabriquées sous la marque Ratier.
Le logo Ratier reprenant la forme d'hélice d'avion:
Voici la L7 de mon copain Jacqui, photographiée à Cognac lorsqu'il avait 18 ans! Le side est un Impérial:
Quand on vous dit que cette moto a beaucoup servi les administrations!
Voici ma L7 telle que je l'ai récupérée:
Malgré une allure générale plutôt flâteuse, la moto a subit les agressions d'un stockage prolongé aux intempéries. Le moteur est bloqué, les pièces métalliques sont oxydées, certaines sont manquantes comme le porte bagages, les chicanes d'échappement, la poignée d'accélérateur, le feu arrière et d'autres cassées comme l'optique de phare ou la manette d'avance.
Bref, il y a du boulot! Comme il faut bien commencer par quelque chose, j'entreprends le démontage des culasses et des cylindres afin de jauger l'étendu des dégats...
Le cylindre droit viendra assez facilement en le chauffant un peu. Les segments sont collés et l'embiellage présente des traces de rouille.
L'humidité a effectivement fait pas mal de dépots au fond des culasses.
La chemise du piston quand à elle est pas mal oxydée.
Quant au cylindre gauche, il fait de la résistance! Bien que chauffé plusieurs fois et généreusement arrosé de dégrippant, je n'arrive pas à le retirer... Le piston est vraiment bien grippé,dans la chemise.
Enfin! il m'aura fallu 2 mois de chauffes et une bombe de dégrippant pour extraire ce satané piston!
Faut dire qu'en regardant la photo, on s'aperçoit qu'il y avait un peu de matière collée... Pas étonnant qu'il ne voulait pas venir!
Enfin le démontage peut continuer:
L'embiellage n'est pas bloqué mais comporte du jeu, il va falloir le refaire.
A ce jour le démontage est achevé.
Prochaines étapes:
- achat de jantes, rayons, fonds de jantes, chambres et pneus pour refaire les 2 roues à neuf
- réaléser les cylindres (l'oxydation est trop importante pour un simple déglaçage)
- acheter 2 pistons neufs
- refaire l'embiellage
- faire décabosser le réservoir et les gardes boue
- sabler le cadre
- trouver une paire de silencieux Schneebeli - Chabaud conformes à l'origine
Ca y est, j'ai reçu les pistons commandés au Club Ratier, je vais pouvoir faire réaléser les cylindres.
Le moteur est entièrement démonté par un copain de l'ALMA qui connait très bien les flats twin (en particulier BMW).
Je vais pouvoir nettoyer parfaitement le bloc moteur, faire changer les garnitures dembrayage, remplacer les chaines de distribution et les roulements.
Reste le problème de l'embiellage: impossible d'en trouver un neuf, pas de bièles non plus... Une solution, utiliser des galets plus gros et faire rectifier les bièles en fonction.
Une fois les cylindres réalésés à la cote des pistons, je les recouvre d'une peinture noire haute température et je sable les culasses, le résultat est spectaculaire:
J'ai également commandé au club Ratier - Cemec un palier avant de vilebrequin, ce dernier à la facheuse tendance à se casser lors de l'extraction des roulements.
Pendant ce temps j'ai fait sabler et apprêter le cadre, le réservoir et les gardes boue qui étaient bien cabossés!
Avant la mise en peinture je vais parfaitement dérouiller l'intérieur du réservoir et le traiter à la résine.
J'ai également trouvé une paire de pots Schneebeli - Chabaud mais il manque les embouts à la forme bien particulière. Grace à un article dans Moto Légende, j'ai pris contact avec une entreprise qui fabrique des pots d'échappement et qui va me refaire les embouts manquants.
CRESPHONTE
design préparation accessoires
98 bis, rue des Grandes Filles Dieu
28000 Chartres
France
Tél. 02 37 36 21 13
Fax 02 37 21 78 48
Voici quelques photos d'une Cemec qui était à vendre à la bourse d'Uzerche (19) le 19 juillet dernier:


















